J'avale ma salive. Le mail de la directrice de la publication me signale une remarque sur mon style rédactionnel. J'ai envie de pleurer, de rire et de crier en même temps. En même pas 12 jours, j'ai corrigé, réécrit plus de 98 pages pour un 'magazine haut de gamme'. Sous-entendez, un magazine où on ménage les publicitaires de toute critique éventuelle. On veut de grandes belles phrases, le genre de trucs qui te donnent plus envie de refermer ton magazine que de le laisser sur une étagère à prendre la poussière pendant des lustres.
Pourtant, j'ai tenté de lui expliquer l'importance d'avoir du contenu différent, de pointer une ligne éditoriale sensiblement différente de ce qu'on peut lire ailleurs. Mais visiblement non !! Tout le monde veut lire les mêmes merveilles du style. Alors je me suis posée des questions. Est-ce moi qui suis trop sensible ? est ce moi qui en est marre de lire partout les mêmes conneries ?
Pas le droit d'employer de formules grinçantes, éliminez tout terme négatif de votre vocabulaire, surtout pas d'humour, diable... La vie est belle, vos papiers chaleureux décrivent des ambiances tellement belles et merveilleuses. Exemple en date, un papier sur un hôtel résolument design ! Pff, pas plus design que le magasin Ikéa qui se trouve à peine à 10 minutes de chez moi !! L'accueil est forcément chaleureux et unique. Ben, si c'est vraiment ça l'accueil, je préfère encore aller dormir dans une prison ! Sur le dossier de presse, il est mentionné que même Starck a dessiné les lieux... Après renseignements, le designer a juste vendu quelques robinets à un prix hallucinant sans se préoccuper une seule seconde du lieu. Je me marre...
Rebelote avec les lieux que le journaliste ne visite pas mais qu'il a le droit de décrire avec une précision irréprochable. A partir de photos incroyablement retouchées via Photoshop. Oui, le journaliste a un fort pouvoir d'imagination. Et si cela n'est pas ce que le directeur veut lire, oups' le publicitaire, il faut juste recommencer le papier pour réécrire dans un style cosy, chaleureusement gourmand...
Sauf que cela devient identique dans tous les magazines. Des publi-reportages à longueur de pages qui ont éliminé le terme publi pour rendre davantage de noblesse et de prestige aux rédactions. Mais une question demeure : quel est l'intérêt pour le lecteur ? On me réponds alors : "le lecteur veut lire ca. Il veut rêver en lisant un papier sur un hôtel, même si l'hôtel n'est pas aussi génial qu'on le pense. " J'en doute. Je doute finalement de beaucoup de choses, de ce que j'ai appris en choisissant mon métier, des libertés qui vont avec et de leur importance.
Je m'en vais reprendre le papier où on me reproche un ton pas suffisamment chaleureux pour un endroit dont je n'ai jamais foulé le merveilleux sentier qui mène à ce château, que je décris pourtant avec une incroyable précision. Je m'en vais réécrire ce papier pour lui donner un nouveau souffle, même si le cœur n'y est pas forcément...
mardi 7 décembre 2010
mercredi 1 décembre 2010
Info en dentelle
Voiture en panne, temps qui ne pousserait pas un voleur à aller faire un casse. Franchement mon canapé est excellent, douillet, confortable. Je m'y installe devant le journal de 13h. On est mercredi. Les titres : la vague de froid, Wikileaks et puis d'autres babioles...
Elise Lucet ouvre son journal ou presque avec un sujet sur les doudounes qui se vendent bien en ce moment. Reportage. On en trouve pratiquement plus dans les rayons des magasins. Waouhhhh.... Quelle est l'info ? Il fait froid donc on s'habille chaud et on se couvre ? Non mais c'est une blague. Je paye une redevance télé pour ça ? Sans rire ? France TV se foutrait pas un peu de ma gueule, là ?
Je connais très bien les enjeux et la difficulté de construire un journal mais là, je suis estomaquée. Les marronniers ont bon dos. Je ne sais pas, ils auraient peut être trouver autre chose : Par exemple, le sujet sur un rapport sur ce qu'on mange. Visiblement, à première vue, cela semble interessant, c'est grand public. Les produits qu'on achète contiendraient des agents toxiques. Oui, mais à quelle dose ? Il y a même de l'arsenic dans le poisson, le saumon, spécifie la journaliste ? Non mais c'est quoi ce raccourci ? Évidemment il y a de l'arsenic dans le poisson. Tout est une question de dosage... Je suis sidérée...
La manière de présenter l'information sur le journal payé par nos impôts est alarmiste. Je ne supporte vraiment plus. Sur ce, je préfère chercher moi-même mes infos et fouiller auprès des sources qu'avoir une info de seconde zone, approximative.
Elise Lucet ouvre son journal ou presque avec un sujet sur les doudounes qui se vendent bien en ce moment. Reportage. On en trouve pratiquement plus dans les rayons des magasins. Waouhhhh.... Quelle est l'info ? Il fait froid donc on s'habille chaud et on se couvre ? Non mais c'est une blague. Je paye une redevance télé pour ça ? Sans rire ? France TV se foutrait pas un peu de ma gueule, là ?
Je connais très bien les enjeux et la difficulté de construire un journal mais là, je suis estomaquée. Les marronniers ont bon dos. Je ne sais pas, ils auraient peut être trouver autre chose : Par exemple, le sujet sur un rapport sur ce qu'on mange. Visiblement, à première vue, cela semble interessant, c'est grand public. Les produits qu'on achète contiendraient des agents toxiques. Oui, mais à quelle dose ? Il y a même de l'arsenic dans le poisson, le saumon, spécifie la journaliste ? Non mais c'est quoi ce raccourci ? Évidemment il y a de l'arsenic dans le poisson. Tout est une question de dosage... Je suis sidérée...
La manière de présenter l'information sur le journal payé par nos impôts est alarmiste. Je ne supporte vraiment plus. Sur ce, je préfère chercher moi-même mes infos et fouiller auprès des sources qu'avoir une info de seconde zone, approximative.
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