lundi 17 janvier 2011

Vivre avec un pigiste : pas facile tous les jours

Hier, je suis rentrée d'un séjour pour un papier que je dois finir de préparer. J'avais même pris un taxi à l'aéroport pour ne pas déranger mon cher et tendre, mon conjoint. Arrivée à la maison, j'étais en train de me débarrasser gentiment -jeter comme une folle mon sac qui pesait un âne mort- quand j'ai jeté un coup d'œil à ma cuisine -scruter avec une attention de dingue !- A ma grande surprise, tout était nickel ! Mon conjoint est quelqu'un de bien -surtout quand il fait le ménage- (oh, je rigole). Je me suis posée dix minutes avec un verre de coca light - coca méga plein de calories- et me suis demandée ce que c'était de vivre avec moi ! Oui, j'aime bien me poser des questions un peu cons des fois.

Contrairement à ma première impression, cette question n'était pas si stupide que ca ! La vie avec un pigiste est-elle compliquée ? ou facile ? Pourquoi avoir choisi de vivre avec quelqu'un dont les revenus fluctuent plus vite que les cours du cac40 ?

Mon conjoint, appelons-le JIM, part au boulot vers 9h00. C'est donc l'heure à laquelle je me retrouve devant mon meilleur ami : mon ordinateur. Généralement le matin, je cale mes rendez-vous et pars en vadrouille-comprenez en reportage. Jim, lui, est ingénieur chez Airbus. Pfff, j'en vois déjà qui se disent : " mon dieu, le pauvre..." Non, il s'éclate vraiment dans ce qu'il fait. C'est d'ailleurs pour cela que j'ai sacrifié ma carrière (-oh les grands mots) en choisissant de rester vivre à ses crochets en Province plutôt que de jouer à la rédac-chef parisienne un peu rigide.

Généralement quand il rentre manger à la maison vers 12h, je suis souvent devant (encore) mon bureau entourée de tasses de café qui croulent tout autour. Évidemment, j'aurai pu avoir l'intelligence de lancer la popote mais non, faudrait pas qu'il croit que j'ai que cela à faire. Donc Jim, très souvent, s'occupe de me préparer un petit repas bien équilibrée comme si je suivais le programme Weight Watchers desormais. Souvent, pendant mon repas, je ne me peux m'empêcher de jeter un coup d'œil espion sur mon Iphone pour tchecker mes mails sans aucun scrupule. C'est là, le premier soupir de Jim... d'un air de dire : "Tu peux pas t'arrêter pendant qu'on mange? " Ce à quoi je réponds très généralement : "Ben, non, tu crois quoi ? que c'est la fête du slip, ici ? Yen a qui bossent"

Vers 14h, Jim repart vers son bureau et moi, je cours à ma tanière. Des fois, quand je me sens un peu seule, j'envoie une ribambelle de mails à Jim qui n'a évidemment rien d'autres à faire que d'y répondre. Franchement, il assure grave. Il parvient très souvent à m'envoyer un mail retour même quand il est en meeting avec la direction générale. Je suis à boire mon 8e thé de la journée quand il rentre le soir et m'annonce, plein d'énergie : " on va au sport?" Autant être clair, j'ai rarement envie d'aller bouger mon popotin mais comme c'est bon pour la santé, je lui réponds avec mon regard qui fait bien comprendre que je n'ai pas trop envie d'abandonner la pige que je suis en train d'écrire que "oui, on va y aller mais dans 10 minutes parce que là, j'écris la chute du papier qui est toujours capitale". Jim sourit et s'active alors à préparer nos affaires de sport.

Généralement quand on rentre du sport, je suis plutôt de bonne humeur. Jim aussi mais on ne voit guère la différence avec les autres moments de la journée parce qu'il est naturellement toujours de bonne humeur. Je prends ma douche et m'avachis dans le canapé devant la télé. Jim lui prépare alors le repas et me concocte un petit apéro avec des miam-miams sur lesquels je me jette car "je crève la dalle".

C'est l'heure des infos et de notre petit repas. Là, je peux facilement m'énerver contre les présentateurs des JT et j'aime bien refaire le monde en exposant calmement (comprenez d'une voix pleine de colère) mes idées. Jim tente quelques fois d'apporter sa touche. Ce qui peut avoir le don de m'agacer...parce qu'en matière journalistique, je suis encore une fois la seule à pouvoir comprendre ce dont on parle. Ne vous y trompez pas ! J'aime bien les débats, seulement quand j'ai raison...

Ca, c'est les jours où j'ai le moral parce que quand rien ne va ( les jours où je ne parviens pas à vendre une putain d'idée à un canard), la situation est absolument pas du tout la même. Non, soyez rassuré(e)s, je ne vais pas vous refaire la totale depuis 9h du matin sinon, je vais attraper une entorse au poignet.

Jim quitte la maison. J'ai rien à faire. Pas une idée traverse mon cerveau. J'envoie un premier mail à Jim, puis un deuxième, puis un troisième. Là, il me réponds -quand même pas trop tôt !- Il m'encourage alors à appeler mes copines pour aller voir une expo ou sortir boire un café. "Pas facile, mes copines bossent elles !" Je tente alors dans un dernier effort de passer l'aspirateur mais le fil est trop court pour l'accrocher à la prise. Je me dis alors que je devrais préparer à manger. Mais le frigo est vide. Jim, lui, est en conf-call avec Hambourg. Et moi, je poireaute sur Twitter ou je réseaute à donf' !

Le soir, quand il rentre, Jim n'est jamais fatigué alors qu'il a parlé dans un charabia incompréhensible toute la journée. Si mon ordinateur a eu le malheur de planter, je gueule après. Jim promets alors de me le réparer et il s'en occupe de suite en me précisant "ben que c'est son boulot". Encore heureux !! Jim est ingénieur en informatique. Ca aide, un homme comme cela à la maison !

3 commentaires:

  1. Bonjour Christel,
    Vous avez bien de la chance !
    Pour moi c'est la même chose côté piges, mais avec 2 enfants à gérer et un compagnon beaucoup moins disponible et nettement moins "collaboratif" que le vôtre !
    Bonne continuation

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  2. Bonjour,

    J'aime beaucoup votre blog. Je m'y reconnais un peu et, notamment, j'ai moi aussi la chance d'avoir un Jim à la maison :)
    Enfin, quand il est de bonne humeur, ce qui est finalement relativement courant.
    Ca fait du bien d'en prendre conscience.

    Bonne journée, bonne continuation,
    Audrey

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  3. Merci Audrey,
    Il faut bien le reconnaitre on n'est pas tjs facile à vivre. Avoir quelqu'un qui vous encourage et vous soutient les jours moins heureux aide énormément.
    A bientôt,
    J'espère
    Christel

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