mardi 23 août 2011

Tranches de vie

Et voilà ce qui devait arriver arriva. Retour à la casa dans mon placard de bureau avec un stock d'emails à trier. Et avec un sourire flambant neuf ramenée des plages fraiches de Bretagne, vestiges de souvenirs bien agréables. Hé oui, bye bye les vacances. Retour aux affaires.

Réunions déjà programmées, listing prêt, dossiers classés, je me retrouvais devant mon bureau avec une organisation si parfaite que j'en étais moi-même étonnée. Et ce si bien rangé commençait gentiment à me déranger.

Une fois le courrier trié, je me dis que déjà cela ressemblait davantage à mon espace de travail. OUI, je sais, sur tous les blogs de conseils de freelance, vous trouverez les meilleures explications pour garder votre espace de travail bien ordonné, vos dossiers bien classés et tutti quanti. Mais bon, je ne suis pas forcément un exemple à suivre, surtout pas d'ailleurs, moi, j'aime bien quand ca sent le vécu sur mon bureau.

Alors j'ai commencé à aller me chercher une tasse de café, je retrouvais mes lunettes pour lire sur l'écran, j'ai déballé tous mes magazines que je lis et que j'allais trier, j'ai mangé un ou deux biscuits pas très bon pour la ligne mais j'étais suffisamment agacée de reprendre le boulot alors personne n'allait m'embêter pour un ou deux biscuits avalés.

Le téléphone a sonné. Le temps de le chercher, il était planqué au fond du sac évidemment, mon interlocuteur était tombé sur la messagerie. Je me suis alors lancée dans le tri des emails. Un joli chantier aussi passionnant qu'assommant. Jusqu'à ce que je tombe sur le mail d'un camarade de promo d'école de journalisme qui proposait une réunion dans notre QG à l'époque, j'avais répondu à la va vite à l'époque. J'ai vérifié mes disponibilités et ai confirmé ma présence. J'ai relu le mail. Et encore une fois. En fait, j'avais hâte de revoir mes potes de l'époque. Savoir ce qu'ils étaient devenus. Journaliste ou pas ? Peu importait au fond.

Le téléphone a ressonné. J'ai pu répondre. Un client m'appelait pour un devis que je lui avais envoyé il y a au moins 3 semaines. J'avais oublié. Il me le retournait signé. Oui, ben c'était cool. J'avais décidé de moins me prendre la tête, de me préserver des moments. Parce que ces vacances m'avaient régénérée. Un bien fou. L'étrange sensation de pouvoir faire ce que je voulais. Voilà maintenant 3 ans que je suis freelance. Si aujourd'hui, je vis mieux qu'à mes débuts, je me rends compte de mon évolution surtout.

Je ne m''énerve plus, je suis devenue plus méfiante des beaux parleurs, j'ai appris à bosser seule et en groupe, j'aime les responsabilités surtout et je m'en tire bien. Pendant les vacances, j'ai rencontré une amie qui, elle, avait tenté l'aventure du freelance et avait renoncé faute de revenu satisfaisant. Nous avons discuté longtemps. Et je me suis rendue compte que souvent je me dénigrais. A tort. J'ai tendance souvent à douter de mes compétences, à avoir peur de ne pas réussir. Et finalement, j'ai tenu bon. J'ai passé des phases de désespoir, de joie extrême, de dégoût aussi... Et j'ai évolué vers une certaine quiétude.

Désormais mon boulot me permet de vivre correctement voire très bien mais j'ai travaillé très dur pour être là où j'en suis. je ne regrette rien. C'était mes premières vacances, sans emails, sans ordinateur, sans téléphone. Et j'ai tenu. Mon conjoint s'en est moqué ironiquement mais là encore, j'ai franchi une étape. J'en suis sûre.

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