Etant désormais rédactrice en chef d'un magazine, je tente de m'offrir le luxe de m'organiser. Evidemment, c'est carrément impossible car votre vie gravite autour des 120 pages que vous allez devoir compléter.
Pas question de s'offrir le luxe de soupirer quelques minutes parce qu'entre temps, votre pigiste vous a rappelé pour vous dire que le sujet tombait à l'eau parce que l'interviewé en question n'avait finalement pas le temps de répondre à ses questions. Vous avez envie de lui faire des chatouilles jusqu'à ce que mort s'en suive. Mais non pas le droit. Vous conservez alors un ton ultra diplomate et demandez à tout hasard : "Dis, t'aurais pas une autre idée ? " Là, 9 fois sur 10 c'est un NON catégorique. A toi, gentil rédac chef fraichement promu de te démerder !
Je vous passe les coups de téléphone sans cesse des chargées de com qui n'ont finalement rien de neuf à vous proposer, mais qui le font parce que là-aussi, c'est leur boulot. Il faut aussi rester diplomate. Heureusement que je me suis mise au yoga, cette année. Hummm, je respire, j'expire.
Je lance alors un appel à contribution par un email demandant à l'ensemble de mes pigistes des sujets sur le thème de prédilection défini forcément par des intérêts commerciaux - malheureusement-. Trois jours après, sur les 8 pigistes que je fais bosser, une seule m'a proposé un sujet qui a de la gueule. je le lui valide sur le champs. Mais que font les 7 autres ? Une partie de carte ? Du ping-pong ou quoi ? Je prends mon téléphone et les appelle un à un. Un n'est pas dispo car en vacances. Une autre n'est pas inspirée, une autre me dit :"Tu sais c'est galère pour trouver du boulot. Alors j'ai pris un autre poste à côté". Oui, je sais, j'ai été pigiste moi aussi et je le suis encore pour certaines publications.
Finalement, je me résous à rappeler celui qui m'a rendu le papier avec une semaine de retard. Pas trop envie de le faire bosser, mais je ne peux pas écrire tout le magazine. Entre temps, tu as résolu 4 ou 5 problèmes sur des pages, rappeler des gens pour obtenir plus de détails parce que le papier était creux.
Des fois, je me dis que je serai bien sur une île seule sans mon Iphone mais non, je sais que je ne pourrais pas vivre sans, une autre histoire que je vous raconterai très certainement la semaine prochaine.
vendredi 21 octobre 2011
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